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Collectif du 10 Mai pour la Mémoire de l'Esclavage - Montpellier

Le nègre marron

 

 

 

Negres marrons

- Nèg' marron -

 

Le terme de «marron» vient de l’espagnol cimarrón : «vivant sur les cimes» ; (cima = cime). Ce mot emprunté aux Arawaks désignait des animaux domestiques qui retournaient à l'état sauvage. 

À partir de 1540, ce terme désigne les esclaves fugitifs. Ce terme sera tout d’abord appliqué aux Indiens fugitifs et finira par désigner le sauvage, celui qui retourne vers l’état de nature.
Le marronnage était le nom donné à la fuite d'un esclave hors de la propriété de son maître en Amérique, aux Antilles ou dans les Mascareignes à l'époque coloniale. Le fuyard lui-même était appelé marron ou nègre marron, negmarron, voire cimarron (d'après le terme espagnol d'origine).

 

Negre marron

- Esclave en fuite -

 

La forêt offre un espace où se cacher, pour reconstruire des formes d’identités personnelles et sociales, hors de l’univers esclavagiste. Sous la menace permanente d’être découverts, les marrons sont cependant confrontés aux difficultés d’assurer leur subsistance, dans un milieu hostile où l’outillage fait défaut.  Le développement du marronnage a rapidement amené les maîtres à engager des chasseurs d'esclaves.

 

Selon le Code Noir, le marronnage est puni par la mutilation puis par la mort à la troisième récidive.

  • Aux Antilles, ceux qui étaient rattrapés étaient châtiés par mutilation : leur tendon d'Achille était sectionné afin qu'ils ne puissent plus courir.
  • À La Réunion, ils étaient parfois tués lors de la chasse. Le chasseur ramenait alors au maître une oreille et une main du fuyard en guise de preuve de la réussite de sa chasse, le corps entier ne pouvant être transporté par un homme seul le long de sentiers escarpés. Ces prises étaient parfois exhibées à l'entrée des plantations pour dissuader d'éventuels nouveaux fuyards.
  • Selon un épisode célèbre de l'histoire de l'île Maurice, un important groupe d'esclaves n'hésita pas à se précipiter dans le vide du haut d'un rocher élevé (le Morne Brabant dans le sud de l'île) lorsqu'ils se retrouvèrent acculés au bord d'une falaise par des hommes qu'ils prenaient pour des chasseurs. Ils n'étaient en fait que des messagers chargés de leur annoncer l'abolition de l'esclavage.
  • En Guyane, la fuite hors des espaces contrôlés par les maîtres est facilitée par la géographie qui fait voisiner les habitations, avec l’univers infini de la forêt amazonienne. 

 

Face à la brutalité et à la déshumanisation du système esclavagiste, le petit marronnage représente un espace de liberté que les esclaves eux-mêmes s’aménagent ; il manifeste leur résistance au quotidien.

 

Revolte d esclaves

- Révolte de nègres marron en Martinique -

 

De nos jours, la culture marron fait encore vivre une partie des traditions des ancêtres africains : vocabulaire, peintures, danses, musiques, vie communautaire. Couleurs vives et formes géométriques symboliques et/ou décoratives caractérisent l'art Noir-Marron appelé art Tembé. On les trouve sur les portes, les pirogues, les sièges sculptés, les fresques et certains objets (sculptures, sièges pliants… aux formes originales différentes des sculptures africaines traditionnelles). 

 

 

 

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